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Histoires de Belgique

À 89 ans, Marcel refuse toujours qu’on lui fasse ses courses… sa méthode étonne ses petits-enfants

À 89 ans, Marcel tient encore à faire ses courses lui-même dans son quartier de Mons. Ses enfants et petits-enfants lui proposent régulièrement de l’aider, mais il refuse presque toujours. Un matin, son petit-fils décide de l’accompagner… et comprend enfin pourquoi cette sortie compte autant pour lui.

Chaque mardi matin, Marcel suit presque le même programme.

Il prépare son petit cabas, vérifie une liste écrite au stylo bleu et quitte son appartement peu avant 9 heures.

Sa famille connaît parfaitement cette habitude.

Et depuis quelques années, elle essaie régulièrement de lui simplifier la vie.

Ses enfants veulent faire les courses à sa place

Pour ses proches, l’idée semble logique.

Marcel marche moins vite qu’autrefois.

Porter des sacs devient aussi plus fatigant.

Sa fille lui propose donc souvent de lui apporter tout ce dont il a besoin.

Son fils lui parle même de livraison à domicile.

Mais Marcel répond presque toujours de la même manière.

« Tant que je peux y aller, j’y vais. »

Au début, sa famille pense qu’il s’agit surtout d’une question de caractère.

Marcel a toujours été indépendant.

Il aime choisir lui-même ses produits, décider de son heure de départ et ne pas avoir l’impression de dépendre de quelqu’un.

Son petit-fils décide de l’accompagner

Un mardi, Julien, son petit-fils, lui propose de venir avec lui.

Marcel accepte, mais pose une condition : Julien ne doit pas tout porter à sa place.

Ils quittent donc l’appartement ensemble.

Julien pense qu’ils vont directement rejoindre le supermarché.

Mais Marcel prend un autre chemin.

Premier arrêt : la boulangerie

Marcel entre dans une petite boulangerie du quartier.

La vendeuse le salue immédiatement par son prénom.

Ils échangent quelques mots sur la météo, puis sur une personne du quartier que Marcel n’a pas vue depuis quelque temps.

Julien comprend rapidement que ce premier arrêt n’est pas uniquement destiné à acheter du pain.

Marcel connaît les gens.

Et les gens le connaissent.

Puis viennent plusieurs petits arrêts

Quelques minutes plus tard, ils entrent chez un marchand de fruits et légumes.

Marcel choisit quelques pommes, deux tomates et demande si les poires sont bonnes cette semaine.

Là encore, une discussion commence naturellement.

Julien observe son grand-père.

Marcel ne se dépêche pas.

Il parle.

Il prend des nouvelles.

Il croise plusieurs visages familiers.

Au supermarché, Marcel a une méthode bien précise

Lorsqu’ils arrivent enfin au supermarché, Marcel sort sa petite liste.

Julien remarque alors quelque chose d’étonnant.

Les produits ne sont pas notés au hasard.

Marcel les a classés dans l’ordre exact où ils apparaissent dans les rayons.

D’abord le lait.

Puis les conserves.

Ensuite les produits frais.

Et enfin quelques produits ménagers.

Il ne revient presque jamais sur ses pas.

« Si tu connais le magasin, inutile de faire trois fois le même rayon. »

Mais ce n’est pas ce qui surprend le plus Julien

Au moment de passer en caisse, Marcel choisit volontairement une file un peu plus longue.

Julien lui montre une autre caisse qui semble plus rapide.

Marcel refuse.

Quelques minutes plus tard, la raison devient évidente.

La caissière connaît Marcel.

Elle lui demande des nouvelles de son jardin.

Marcel lui demande comment va sa mère.

La conversation dure à peine une minute.

Mais pour Julien, elle change complètement sa manière de voir cette sortie.

Voilà pourquoi Marcel refuse qu’on fasse les courses à sa place

Pour lui, cette matinée ne sert pas uniquement à remplir son frigo.

C’est l’un des moments de la semaine où il marche, parle avec plusieurs personnes et reste connecté à la vie de son quartier.

Sa petite liste lui permet de ne pas se fatiguer inutilement. Il achète peu à la fois, répartit le poids dans deux petits sacs et s’arrête quelques minutes si nécessaire.

« Si quelqu’un fait tout à ma place, je reste chez moi. Et si je reste trop chez moi, je finis par ne plus voir personne », explique-t-il à Julien.

Sa famille change alors sa façon de l’aider

Julien raconte ensuite la sortie au reste de la famille.

Ses proches comprennent qu’aider Marcel ne signifie pas forcément supprimer toutes ses habitudes.

Désormais, ils lui proposent plutôt de l’accompagner lorsqu’il doit acheter quelque chose de lourd.

Sa fille lui apporte également certains produits difficiles à transporter.

Mais personne n’essaie plus de lui enlever complètement son mardi matin.

Une organisation beaucoup plus réfléchie qu’ils ne le pensaient

Julien découvre aussi que Marcel prépare sa sortie avec attention.

Il vérifie la météo.

Il évite les heures où les magasins sont trop remplis.

Il répartit les achats sur plusieurs jours lorsqu’ils sont trop nombreux.

Et surtout, il ne porte jamais plus que ce qu’il estime raisonnable.

Cette prudence rassure progressivement toute la famille.

Le mardi matin reste donc son rendez-vous

Quelques mois plus tard, Marcel continue de partir avec son cabas et sa petite liste.

Il achète son pain.

Il discute quelques minutes avec les commerçants.

Il traverse le supermarché dans l’ordre qu’il connaît par cœur.

Puis il rentre tranquillement chez lui avec deux petits sacs.

À 89 ans, Marcel ne refuse pas l’aide de sa famille par simple entêtement. Il refuse surtout de perdre une sortie qui lui permet encore de marcher, de choisir, de discuter et de rester acteur de son propre quotidien. Ses petits-enfants pensaient découvrir une étrange méthode pour faire les courses. Ils ont surtout compris pourquoi cette petite routine comptait autant pour lui.