Une table au soleil, une tasse de café et un cendrier posé à côté du verre : cette scène reste encore courante devant les cafés et restaurants belges.
À partir du 1er janvier 2027, elle ne devrait toutefois plus être autorisée. Le gouvernement fédéral a décidé d’étendre l’interdiction de fumer aux terrasses de l’horeca dans l’ensemble du pays.
Cafés, bars, brasseries et restaurants seront concernés. La mesure ne vise pas seulement la cigarette traditionnelle : le vapotage sera lui aussi interdit sur les terrasses.
Pour les clients comme pour les exploitants, il ne s’agira donc pas d’une simple recommandation de courtoisie. Une nouvelle organisation devra être mise en place dès l’entrée en vigueur de la mesure.
En 2026, certaines terrasses restent encore accessibles aux fumeurs
Aujourd’hui, fumer est déjà interdit dans les espaces intérieurs des établissements horeca. Une terrasse peut néanmoins encore accueillir des fumeurs lorsqu’elle est suffisamment ouverte pour ne pas être considérée comme un lieu fermé.
Une terrasse entourée de parois et couverte peut, selon sa configuration, être assimilée à un espace intérieur. La présence d’un toit, de bâches, de vitres ou de plusieurs parois peut donc déjà rendre la cigarette interdite.
La situation est différente sur une terrasse réellement ouverte sur l’extérieur. Jusqu’à la fin de 2026, il reste généralement permis d’y fumer, sauf lorsqu’elle se trouve dans un endroit déjà soumis à une interdiction particulière.
Depuis la fin de 2024, la Belgique a en effet élargi les zones sans tabac autour de plusieurs lieux fréquentés par les enfants et les personnes vulnérables, notamment les écoles, les hôpitaux, les maisons de repos, les crèches, les bibliothèques et certains espaces de loisirs.
La cigarette électronique sera également interdite
C’est l’un des éléments qui risque de surprendre le plus de clients. Le texte annoncé par le gouvernement place le vapotage dans le même champ d’application que la cigarette pour l’utilisation des terrasses.
Une personne ne pourra donc pas simplement remplacer sa cigarette par une cigarette électronique tout en restant assise à sa table.
Les autorités expliquent vouloir réduire non seulement l’exposition à la fumée, mais également la visibilité du geste de fumer ou de vapoter. L’objectif déclaré est de rendre ces habitudes moins normales aux yeux des enfants et des jeunes.
L’interdiction ne concernera pas uniquement les cigarettes classiques. Les cigarettes électroniques et les autres produits assimilés seront également visés sur les terrasses.
Les fumoirs publics doivent également disparaître
La réforme annoncée va plus loin que les tables installées devant les cafés. Les fumoirs présents dans certains lieux accessibles au public doivent également être interdits.
Cela vise notamment les salles réservées aux fumeurs dans certains établissements horeca ou aéroports. Les lieux spécifiquement consacrés à la consommation de tabac, comme certains clubs de cigares ou bars à chicha, sont eux aussi concernés.
Un établissement ne pourra donc pas nécessairement résoudre le problème en invitant ses clients à rejoindre une pièce spécialement ventilée.
Les cafetiers devront intervenir auprès de leurs clients
Les exploitants devront afficher clairement l’interdiction et prendre les mesures nécessaires lorsqu’un client allume une cigarette.
Le gouvernement attend d’eux qu’ils expliquent la règle, interpellent les personnes qui ne la respectent pas et évitent de placer sur la terrasse des objets pouvant donner l’impression que fumer reste permis.
Le fumeur restera personnellement responsable de son comportement. L’exploitant pourrait toutefois être mis en cause s’il ne signale pas l’interdiction ou s’il tolère volontairement les infractions.
- Installer une signalisation claire et visible.
- Informer les clients avant qu’un conflit ne survienne.
- Intervenir lorsqu’une cigarette ou une vape est utilisée.
- Ne pas donner l’impression que l’établissement autorise encore le geste.
- Pouvoir démontrer que des efforts raisonnables ont été entrepris.
Une mesure soutenue au nom de la santé publique
Pour le gouvernement, la priorité est de permettre aux non-fumeurs de manger ou de boire dehors sans respirer la fumée des tables voisines.
Les enfants, les femmes enceintes, les personnes souffrant de problèmes respiratoires et les anciens fumeurs sont régulièrement cités parmi les publics que la mesure entend protéger.
La Belgique poursuit également l’objectif d’une génération sans tabac à l’horizon 2040. Selon les chiffres présentés par les autorités fédérales, 17,6 % de la population belge fume encore et 12,8 % fume quotidiennement.
Les partisans de l’interdiction considèrent qu’une terrasse appartient à tous les clients et qu’un non-fumeur ne devrait pas devoir choisir entre rester à l’intérieur ou supporter la fumée pour profiter du soleil.
Le secteur horeca redoute des conséquences très concrètes
Du côté des cafetiers et restaurateurs, l’annonce a suscité de fortes inquiétudes. La Fédération HoReCa Wallonie affirme partager l’objectif de protection de la santé, mais juge la mise en œuvre difficile sur le terrain.
Les professionnels craignent notamment de devoir jouer le rôle d’agents de contrôle face à des clients parfois mécontents ou alcoolisés.
Dans les centres-villes, les terrasses sont souvent installées sur des trottoirs étroits, entourées d’autres établissements et situées à quelques mètres des habitations. Déterminer exactement où un client peut se déplacer pour fumer risque donc de provoquer des discussions.
Les fédérations redoutent également qu’une partie des clients fumeurs réduise ses visites, quitte plus rapidement l’établissement ou préfère consommer à domicile.
Les terrasses pourraient-elles être divisées en deux zones ?
L’idée d’une moitié fumeurs et d’une moitié non-fumeurs peut sembler être un compromis simple. Elle ne correspond toutefois pas à l’interdiction générale annoncée.
La fumée se déplace avec le vent et ne reste pas à l’intérieur d’une zone tracée au sol. Une séparation de quelques tables ne garantirait donc pas que les clients non-fumeurs soient protégés.
Les exploitants ne devraient pas non plus pouvoir installer un coin fumeurs directement collé à la terrasse si celui-ci se trouve encore dans le périmètre concerné par l’interdiction.
Des exceptions pourraient exister pour certains événements temporaires
Le gouvernement a reconnu que l’application de la règle pourrait être particulièrement complexe lors de manifestations temporaires.
Les kermesses, festivals, marchés de Noël et braderies regroupent parfois plusieurs terrasses provisoires dans un espace très dense. Les autorités locales pourraient disposer d’une possibilité d’adaptation ou d’exception temporaire selon l’événement.
Cela ne signifie pas que tous les événements seront automatiquement exemptés. Les modalités devront être précisées et organisées localement.
Liberté individuelle ou droit de respirer sans fumée ?
Le débat dépasse rapidement la simple organisation des cafés. Pour les opposants, un adulte devrait rester libre de fumer à l’extérieur tant qu’il respecte les personnes autour de lui.
Certains estiment également que les interdictions se multiplient et que la terrasse représentait l’un des derniers espaces de convivialité accessibles aux fumeurs.
Les défenseurs de la mesure répondent que la liberté de fumer ne devrait pas obliger les autres clients à respirer la fumée. Ils rappellent aussi qu’un repas ou un verre peut durer longtemps et qu’il n’est pas toujours possible de changer de table.
Le débat risque donc de rester vif jusqu’à l’entrée en vigueur. Une chose est déjà certaine : les habitudes prises depuis des décennies devant les cafés belges vont devoir changer.
Le dernier été complet avant un changement majeur
En Belgique, fumer ou vapoter sur les terrasses des cafés, bars et restaurants doit être interdit à partir du 1er janvier 2027. Les fumoirs publics sont également concernés par la réforme annoncée.
Les autorités défendent une mesure destinée à protéger les non-fumeurs et à réduire la visibilité du tabac. Le secteur horeca redoute de son côté des difficultés pratiques, des conflits avec les clients et un nouvel impact économique.
Pour ou contre, les Belges disposent encore de quelques mois pour s’habituer à une réalité nouvelle : bientôt, allumer une cigarette avec son café ne sera plus permis, même en terrasse.