Annie Geeraerts fête ce dimanche 2 août 2026 un anniversaire que peu de personnes ont la chance de connaître : la comédienne belge atteint l’âge de 100 ans.
Un siècle de souvenirs, de travail, de rencontres et de bouleversements. Pourtant, celle que le public flamand connaît depuis des décennies sous le nom de « Bomma » ne semble pas vouloir résumer sa vie à une longue liste de regrets.
Dans un entretien accordé au magazine Primo et relayé par la presse belge, Annie Geeraerts explique qu’elle continue à considérer chaque journée comme un cadeau. Malgré son âge, elle reste active sur le plateau de la série Familie et ne parle pas encore d’un arrêt définitif.
Son regard sur la vie repose sur une idée très simple : apprécier ce qui est encore présent, plutôt que de passer son temps à comparer son existence à celle des autres.
Une règle de vie d’une grande simplicité
À l’heure où beaucoup cherchent une recette compliquée pour bien vieillir, Annie Geeraerts ne parle ni de miracle ni de secret extraordinaire.
Elle met surtout en avant la satisfaction, la gratitude et la capacité de ne pas regarder constamment ce que possèdent les autres. Une philosophie qui peut sembler évidente, mais qui devient souvent plus difficile à appliquer lorsque la vie impose des pertes et des changements.
Pour la comédienne, vieillir ne signifie donc pas seulement compter les années qui passent. Il s’agit aussi d’accepter ce qui ne peut plus être changé tout en continuant à reconnaître ce qui mérite encore d’être vécu.
À 100 ans, elle ne prétend pas que tout est facile. Les journées de tournage lui demandent davantage d’énergie qu’autrefois et la mémorisation des textes nécessite plus de concentration. Mais elle continue à travailler, à revoir ses collègues et à participer à la série qui occupe une place immense dans sa vie.
Deux grandes histoires d’amour
Lorsqu’elle se retourne sur sa vie sentimentale, Annie Geeraerts évoque deux hommes qui ont compté pour elle. Deux relations différentes, vécues à des périodes différentes, mais qu’elle considère toutes les deux comme profondément importantes.
Son premier grand amour fut son mari, avec qui elle a partagé une longue partie de son existence et fondé une famille. Après sa disparition, la comédienne aurait pu penser que ce chapitre de sa vie était définitivement fermé.
Elle a pourtant retrouvé l’amour plus tard auprès de Paul Schippers. Cette relation lui a offert une nouvelle période de bonheur à un âge où beaucoup n’imaginent plus pouvoir reconstruire une vie sentimentale.
Annie Geeraerts a souvent parlé de cette relation tardive avec tendresse. Leur histoire rappelait que l’amour ne disparaît pas nécessairement avec les années et qu’une rencontre peut encore bouleverser le quotidien bien après la retraite.
La disparition soudaine de Paul
En mars 2025, Annie Geeraerts a dû affronter une nouvelle épreuve. Paul Schippers, âgé de 93 ans, est décédé de manière inattendue après une chute.
Cette disparition a laissé un vide important dans la vie de la comédienne. Leur relation était devenue une source de compagnie, de tendresse et de stabilité dans son quotidien.
Perdre une personne aimée à un âge avancé peut également signifier devoir réapprendre à organiser chaque journée seul. Les habitudes partagées, les conversations et les petits gestes ordinaires disparaissent brutalement.
Annie Geeraerts ne cache pas cette absence. Elle choisit toutefois de ne pas laisser le deuil effacer les années heureuses vécues avec Paul.
Continuer à travailler malgré les années
L’autre grande constante de sa vie reste la comédie. Annie Geeraerts joue Anna Dierckx dans Familie depuis le lancement de la série en 1991.
Pour plusieurs générations de téléspectateurs, elle représente bien plus qu’un personnage secondaire. Elle incarne une présence familière, associée aux souvenirs du foyer, aux soirées devant la télévision et aux histoires de la famille Van den Bossche.
À 100 ans, elle continue à se rendre sur le plateau. Elle reconnaît que l’effort est plus important qu’auparavant. Après une longue journée, la fatigue se fait sentir et apprendre quelques lignes peut demander davantage de temps.
Mais le travail lui offre aussi une structure. Il lui permet de rester entourée, de conserver un objectif et de continuer à exercer le métier qui a occupé une grande partie de son existence.
Un siècle qui traverse plusieurs générations
Née le 2 août 1926 à Borgerhout, Annie Geeraerts a connu une Belgique profondément différente de celle d’aujourd’hui.
Elle a traversé l’enfance, la guerre, les transformations de la société, l’arrivée de la télévision dans les foyers et l’évolution complète du métier de comédienne.
Sa carrière a commencé bien avant Familie, avec des rôles au théâtre et à la télévision. Mais c’est le personnage d’Anna qui lui a donné une place durable dans la culture populaire flamande.
Certains téléspectateurs l’ont découverte lorsqu’ils étaient jeunes. Ils la regardent aujourd’hui avec leurs enfants ou leurs petits-enfants. Cette continuité explique l’attachement particulier du public à la comédienne.
La gratitude sans nier la douleur
Le message d’Annie Geeraerts n’est pas celui d’une personne qui aurait échappé aux difficultés. Elle a connu la disparition de deux compagnons, les limites physiques liées à l’âge et l’obligation d’adapter son quotidien.
Sa gratitude ne consiste donc pas à prétendre que la douleur n’existe pas. Elle semble plutôt choisir de ne pas laisser cette douleur effacer tout ce qui l’a précédée.
Elle garde le souvenir de ses deux histoires d’amour, continue à exercer son métier et accueille chaque nouvelle journée sans passer son temps à se demander ce que sa vie aurait pu être autrement.
Cette attitude explique peut-être pourquoi son témoignage touche autant de personnes. Il ne promet pas une vieillesse parfaite. Il rappelle simplement qu’il est encore possible de trouver du sens dans les choses présentes, même après de grandes pertes.
Une leçon de vie à 100 ans
Annie Geeraerts célèbre son centième anniversaire avec un regard rempli de gratitude. Après avoir perdu les deux hommes qu’elle a aimés, elle refuse de réduire sa vie à l’absence et aux regrets.
Toujours active dans « Familie », elle avance à son propre rythme avec une idée simple : apprécier ce que l’on possède encore, sans mesurer constamment son bonheur à celui des autres.