1.184 faillites en juin : pourquoi le chiffre belge doit être lu avec prudence
Un chiffre peut donner deux impressions très différentes selon le point de comparaison utilisé. En juin 2026, 1.184 faillites ont été enregistrées en Belgique. C’est beaucoup plus qu’en mai, mais presque exactement le même niveau qu’en juin de l’année dernière.
Les nouvelles données publiées par Statbel illustrent parfaitement pourquoi les statistiques mensuelles doivent être comparées sur plusieurs périodes avant d’en tirer une conclusion.
faillites ont été comptabilisées par les tribunaux de l’entreprise en Belgique au cours du mois de juin 2026.
+37,8 % ou −0,3 % : comment les deux chiffres peuvent-ils être vrais ?
Tout dépend de la période choisie pour effectuer la comparaison.
Il serait donc incorrect de dire simplement que les faillites ont augmenté de 37,8 % « en Belgique » sans préciser que cette hausse concerne uniquement la comparaison entre mai et juin 2026.
Comparé à juin 2025, le nombre de faillites de juin 2026 est en réalité légèrement inférieur, de 0,3 %.
Le chiffre mensuel est donc élevé par rapport à mai, mais il ne montre pas une hausse de 37,8 % sur un an.
Pourquoi comparer un mois avec le même mois de l’année précédente ?
Certains indicateurs économiques peuvent varier fortement d’un mois à l’autre.
Comparer juin avec mai permet de voir l’évolution immédiate, tandis que comparer juin 2026 avec juin 2025 permet de replacer le chiffre dans une période similaire de l’année.
Elle montre ce qui a changé entre deux mois consécutifs : ici, entre mai et juin 2026.
Elle compare le même mois à un an d’intervalle : ici, juin 2026 avec juin 2025.
Quatre secteurs atteignent néanmoins un niveau record sur six mois
Le chiffre global du seul mois de juin ne raconte cependant pas toute l’histoire.
Statbel indique qu’après les six premiers mois de 2026, quatre secteurs ont enregistré leur nombre de faillites le plus élevé jamais observé sur cette période dans les séries comparées.
Ces résultats concernent donc des secteurs précis et ne signifient pas que chaque branche de l’économie belge suit exactement la même évolution.
Le cas particulier de l’Horeca en juin
Pour le seul mois de juin, Statbel a enregistré 220 faillites dans l’Horeca.
Il s’agit du nombre le plus élevé observé pour ce secteur durant un mois de juin depuis le précédent record de 208 enregistré en 2024.
Les transports et l’entreposage ont également comptabilisé 100 faillites en juin, leur valeur la plus élevée pour ce mois depuis le précédent record de 2022.
3.124 pertes d’emploi sont associées aux faillites de juin
Statbel suit également le nombre de pertes d’emploi enregistrées dans le cadre de ces faillites.
Ce nombre est supérieur de 87,6 % à celui de mai 2026, de 14,3 % à celui de juin 2025 et de 30,7 % à celui de juin 2024.
Selon Statbel, il s’agit du niveau le plus élevé enregistré pour un mois de juin en Belgique depuis 2016.
Là encore, cette statistique doit être comprise précisément : elle concerne les pertes d’emploi comptabilisées en lien avec les faillites enregistrées, et non l’ensemble de l’évolution de l’emploi en Belgique.
Une faillite enregistrée en juin ne signifie pas nécessairement que les difficultés ont commencé en juin
C’est une autre précision importante apportée par Statbel.
Il peut exister un délai entre l’arrêt réel de l’activité économique d’une entreprise et la déclaration officielle de sa faillite par le tribunal de l’entreprise.
Les statistiques ne sont donc pas entièrement « en temps réel »
Une faillite comptabilisée au mois de juin peut correspondre à une situation économique ayant commencé auparavant.
C’est pourquoi Statbel recommande de tenir compte de ce décalage lorsqu’on interprète les données.
Que peut-on réellement conclure de ces chiffres ?
Les données de juin montrent plusieurs choses différentes.
Le message est donc plus nuancé qu’un simple « les faillites explosent ».
Le mois de juin est nettement supérieur à mai, tandis que la comparaison avec juin 2025 reste pratiquement stable. Parallèlement, certains secteurs enregistrent des niveaux historiquement élevés sur le premier semestre.
Pourquoi les prochains chiffres seront intéressants
Une seule publication mensuelle ne permet pas de déterminer à elle seule une tendance durable.
Les données suivantes permettront de voir si les niveaux observés dans certains secteurs se prolongent ou s’ils évoluent dans une autre direction.
Pour comprendre ces statistiques correctement, le meilleur réflexe reste donc de regarder à la fois la comparaison avec le mois précédent, avec la même période de l’année précédente et l’évolution sur plusieurs mois.
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